500 jours sans gouvernement…

En fait, ce titre est incomplet : lisez « 500 jours sans gouvernement fédéral ». Les gouvernements régionaux et communautaires continuent en effet à gérer avec plus ou moins de bonheur ce qui est de leurs compétences actuelles.

Que lisons-nous dans la presse écrite ?

Pas de gros titre à la « Une » concernant ces 500 jours, mais des titres qui en disent long. Dans « Le Soir », nous lisons : « ça bloque pour l’effort budgétaire en passant par la justice » et « les patrons flamands (le  VOKA) pourfendent la note Di Rupo ». Dans « La Libre » : «  J + 500 , ça use, ça use … » et «  les négociations patinent sur le dossier budgétaire ».

Début janvier 2011, je pariais  une bouteille de champagne avec un ami qu’il n’y aurait pas de gouvernement avant le 31 janvier 2011. La bouteille gagnée, je lui proposai de reconduire ce pari de mois en mois. Il refusa … Dommage !

Plus sérieusement, on nous annonce un gouvernement fédéral de plein exercice pour novembre, décembre ou janvier 2012. Si cela est, il aura, pour autant qu’un accident de parcours ne survienne pas, deux ans devant lui avant de repasser devant l’électeur. N’oublions toutefois pas que lorsqu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien…

Deux ans pour mettre en application les compromis engrangés tant bien que mal. Deux ans ? Pas tout à fait, car nous savons que la dernière année d’une législature (en 2014) porte en elle  la campagne électorale.

Et après les prochaines élections ? Attendez-vous à voir fleurir de nouvelles demandes de
régionalisation et un nouveau marathon institutionnel. Les gouvernements fédéraux en affaire courante ont un bel avenir au pays du surréalisme.

Cela pose quand même un gros souci au niveau de la légitimité démocratique belge. En 2007, le PS, battu dans les urnes, accédait au pouvoir pour sauver le pays. En 2010, c’était au tour du MR de subir l’échec électoral. Didier Reynders est toujours ministre des finances pour la même raison bien peu raisonnable : sauver le pays (lisez « la Belgique ») … ! Le Citoyen peut logiquement se poser la question : « à quoi bon aller voter ? ».

En fait, la crise actuelle court depuis 2007 et je ne vois pas le bout du tunnel. Il y aura toujours bien un parti flamand (hier le VLD, demain le CD&V allié à la N-VA au gouvernement flamand) pour mettre sur la table une grenade qui fera sauter le gouvernement.

Comme François Perin et bien d’autres Citoyens, je dis : « Assez ! Séparons-nous… » et négocions pacifiquement le divorce d’un Etat en phase terminale.

C’est aujourd’hui la solution de la Raison.

Paul Durieux

Laisser un commentaire