Article de Michel Vandersmissen dans «De Morgen» du lundi 24 octobre
Bart De Wever a assisté au congrès annuel d’automne du Scottish National Party (SNP).
Dans son discours en anglais – un anglais bien meilleur que celui d’Elio Di Rupo -, il a expliqué comment les pays européens étaient devenus, via des chemins divers, des Etats souverains.
Pour bâtir une nation forte, il faut également une identité politique. Le nationalisme au 21ème siècle est une force positive et nécessaire quand il est basé sur la démocratie, la solidarité, les lois et les droits du citoyen.
Quand il parle de la Belgique, sa voix se fait plus forte. La Belgique n’est plus une démocratie. Au lieu de construire une démocratie en Belgique, les francophones ont développé une démocratie parallèle au sein de l’Etat belge et contre la majorité flamande. C’est pourquoi la Belgique est maintenant divisée en deux parties, en deux démocraties. Chacune avec ses propres médias, institutions et partis politiques. Nous n’avons plus rien en commun. Et pour donner plus de poids à ses paroles, il cite le commissaire européen Karel De Gucht : La Belgique est devenue une conférence diplomatique entre deux nations.
Le SNP veut organiser un référendum sur l’indépendance. Bart De Wever trouve cela très bien, mais il estime que le SNP joue gros. Et si on obtient un résultat négatif ? On risque de rendre le thème d’une plus grande autonomie inabordable pour des années. Avec le système électoral britannique – où le parti qui obtient le plus de voix obtient également le siège dans une circonscription électorale -, la N-VA aurait également la majorité absolue en Flandre et nous pourrions aussi, en théorie, proclamer l’indépendance ou organiser un tel référendum. Mais je ne pense pas que la Flandre soit prête pour cela. Je sais qu’il n’y a pas actuellement de majorité pour une indépendance flamande. Je suis partisan d’une évolution – accroître progressivement l’autonomie -, au lieu de la révolution. Nous devons démolir calmement notre vieille maison au lieu de la flanquer tout de suite par terre. Dans le même temps, nous construisons une nouvelle maison en Europe. C’est pourquoi il vaut mieux tendre d’abord à une autonomie fiscale totale.