Lu dans la presse flamande. La confiance règne. Tout va bien !

 « Flamand, fais attention à tes oies ! » – Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mercredi 28 septembre

Quand le renard prêche la passion, fermier, fais attention à tes oies ! Cela vaut aussi lorsque le ministre-président wallon, Rudy Demotte, prend la parole et déclare que la transformation de la Communauté française en Fédération Wallonie-Bruxelles ne peut, en aucun cas, être considérée comme une forme d’agression contre la Flandre. Car c’est ce qu’elle est naturellement.

Il faut que cela soit clair pour tous les Flamands : les francophones préparent à fond l’indépendance de la Wallonie. Ce n’est pas pour demain, ni pour après-demain, mais bien pour le jour où les transferts devraient s’inverser parce que la Wallonie fait mieux, sur le plan économique et financier, que la Flandre suffisante, endormie, où plus rien n’est possible.

Les choses peuvent donc encore durer un certain temps. Selon une étude de la KBC, vingt ans. En attendant, on prépare à fond cette indépendance wallonne.

– L’arrondissement électoral de Bruxelles est définitivement élargi aux six communes flamandes à facilités.

– Bruxelles reçoit de l’argent supplémentaire : 461 millions d’euros pour 2015, montant qui ne cessera après de grimper, car il est lié à l’index et à la croissance économique. La demande flamande, polie, de réformer un tout petit peu les institutions bruxelloises en échange, a été dédaignée.

– Bruxelles devient de plus en plus une Région à part entière, avec également des compétences communautaires. Elle sera désormais compétente aussi pour les allocations familiales.

– La loi de financement favorable à la Flandre sera revue à court terme dans l’intérêt de Bruxelles et de la Wallonie. La Flandre y trouvera son avantage à plus long terme, mais seulement en cas de croissance économique élevée. A la Banque nationale, on a de fortes réserves à l’égard des pronostics des huit partis.

– Les liens entre Bruxelles et la Wallonie sont renforcés par la création de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Bruxelles ne s’est jamais profilée comme la capitale de la Flandre. Rhode-St-Genèse – qui n’est pas par hasard le nouveau chef-lieu du nouveau canton électoral dans lequel les six communes flamandes à facilités sont regroupées – servira de corridor entre Bruxelles et la Wallonie.

Ce sont des faits, rien que des faits. La plupart d’entre eux ont été décidés lors de ces négociations gouvernementales, également par les quatre partis flamands – CD&V, SP.A, Open VLD et Groen – qui sont autour de la table. Et les choses risquent d’être pires encore lorsque, lors de l’assainissement des finances publiques, on travaillera surtout aux nouveaux impôts, à payer par les gens qui travaillent, donc principalement les Flamands.

« C’est étrangement calme en Belgique francophone » – Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 28 septembre

(…) On pourrait attribuer cela au fait qu’il n’y a plus d’opposition, à l’exception du minuscule FDF. Tous les partis sont à la table du formateur Elio Di Rupo.

De qui donc la critique devrait-elle venir ? Onkelinx, Milquet, Michel et Javaux ne vont tout de même pas protester contre quelque chose qu’ils ont eux-mêmes bricolé.

Non. C’est exact. Mais avec la scission de BHV, c’était aussi comme cela. Et puis, il y eut beaucoup de réserves à Bruxelles et au sud de la frontière linguistique. Les concessions furent publiquement confessées. Pour les rendre acceptables, on esquissa une perspective à long terme. Louis Michel déclara ainsi qu’il était inscrit dans les astres que les six communes à facilités reviendraient « plus tard » à Bruxelles.

Avec la loi de financement, ce n’est pas le cas. Il faut diablement chercher dans la presse francophone pour trouver une note dissonante. On peut donc supposer que cet accord plaît vraiment aux francophones.

Et c’est curieux. Pendant plus d’un an, tous les partis francophones, Elio Di Rupo en tête, ont claironné que la nouvelle loi de financement appauvrirait la Wallonie. Ils avaient une peur sainte de commencer les négociations, convaincus qu’ils étaient que la Flandre abandonnerait la pauvre Wallonie à son sort. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles les discussions ont duré si longtemps.

Et maintenant, vous n’entendez plus rien. Très curieux, mais également inquiétant d’un point de vue flamand.

Le pessimisme de la N-VA serait-il tout de même justifié ? Cela se pourrait-il que la Flandre se retrouverait en 2030 avec une gueule de bois de 2,5 milliard d’euros ?

Aussi longtemps que les textes de l’accord ne sont pas publiés, l’incertitude persistera. Ce n’est que lorsque tous les détails seront connus et analysés par des experts indépendants que nous saurons exactement ce qu’il en est. En attendant, nous retenons notre souffle.

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