Merci Belgique, merci

Il ne s’agit pas ici de commenter le match de football qui s’est déroulé ce soir du côté de Torino.

Nous voulons revenir sur la solidarité du « bloc Belgique » après les inondations qui ont frappé le « Sud du pays » au milieu du mois de juillet.

L’article suivant, publié dans le journal L’Echo, est suivi, pour l’AWF, de la réaction de Paul Mélot.

Le Fédéral soulage une Wallonie surendettée

FRANÇOIS-XAVIER LEFÈVRE, le 30 septembre 2021.

Le prêt de 1,2 milliard octroyé par le Fédéral dans le cadre des inondations réduit légèrement la pression sur une Wallonie surendettée.

Confirmation ce jeudi matin. Face aux journalistes, Alexander De Croo (Premier ministre), Vincent Van Peteghem (ministre des Finances), Elio Di Rupo (ministre-président wallon) et Jean-Luc Crucke (ministre du Budget wallon) ont détaillé les différentes mesures négociées entre la Région wallonne et le Fédéral pour venir en aide aux zones sinistrées par les inondations de la mi-juillet.

Le premier accord, qui a été négocié jusqu’à la dernière minute entre Alexander De Croo et Elio Di Rupo mercredi, porte sur un prêt de 1,2 milliard du Fédéral à la Région « au taux du marché ». Ce mécanisme, plutôt qu’un versement de 600 millions comme le proposait le secrétaire d’État socialiste Thomas Dermine, s’explique par différents obstacles juridiques. « Il fallait venir avec une solution stable. Un don par rapport à des compétences qui ne sont pas fédérales n’était pas possible », explique le Premier ministre en précisant être lié à la loi spéciale de financement.

Une dette qui dépasse les 31 milliards

Si la monnaie n’est pas sonnante et trébuchante, la solution est accueillie avec soulagement du côté wallon où les discussions budgétaires ont débuté mardi dans un contexte compliqué face à l’évolution préoccupante de l’endettement de la Wallonie et des besoins qui explosent. Pointée à 12,8 milliards à la fin 2019, la dette directe de la Wallonie est passée à 17,5 milliards fin 2020 et 21,2 milliards à la fin du mois de septembre 2021. À ce montant, il faut ajouter une dette indirecte d’environ 10 milliards d’euros. Soit un total de 31,2 milliards aujourd’hui ! « Le budget est extrêmement limité », reconnaît le ministre-président Elio Di Rupo (PS). « Les inondations représentent un coût de 3 milliards sur un budget de dépenses de 15 milliards », explique-t-il en rappelant l’épisode du covid et son impact de 4 milliards sur les finances wallonnes en 2020 et 2021.

Vu le contexte, Jean-Luc Crucke (MR), le grand argentier wallon, qualifie la solution « d’intéressante » alors que la Région a déjà emprunté 3,7 milliards d’euros sur les marchés cette année et 5,36 milliards en 2020. « Cette somme est essentielle car elle permet de diversifier les sources de financement par rapport aux inondations. Si nous n’avions pas ce soutien, seuls les marchés répondraient et nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Ici, nous profitons ainsi du spread fédéral, meilleur que celui de la Région. »

Derrière ce spread, il s’agit en fait des conditions d’accès au marché. Alors que la dernière obligation à dix ans de la Région émise le 30 juin affiche un taux d’intérêt sur le marché de 0,399%, le taux de l’Olo à dix ans du Fédéral pointe à 0,13%. Sur un milliard emprunté, cette différence va permettre à la Wallonie d’économiser quelques dizaines de millions d’euros sur sa charge d’intérêt. Ces économies s’ajouteront à celles réalisées grâce à l’accord négocié avec les assureurs et le prêt sans intérêt de 1 milliard que le secteur a accordé à la Région. « Cela permet de ne pas rentrer dans de l’endettement qu’on ne maîtrise pas », estime le ministre wallon du Budget. L’accord avec le Fédéral prévoit en outre une période de stand still de 5 ans. « Le prêt porte sur une période de 15 ans avec des premiers remboursements à partir de 2025. Ces 5 années sans remboursement permettent de créer la croissance qui permettra le remboursement du prêt. »

Il s’agit bien d’un drôle de pays où la Wallonie emprunte à l’Etat belge (pour les inondations) à 0.13% et donc paye des intérêts à l’Etat belge !!!!!!  Par ailleurs, la Wallonie « justifie » cet emprunt en expliquant qu’il valait mieux emprunter à l’Etat belge (rappel : à 0.13%) plutôt qu’emprunter elle-même à 0.399%. Si on a bien compris, la situation -dramatique- de la Wallonie explique que les banques (soucieuses des risques) prêtent à un taux supérieur à la Wallonie, donc que, dans le cas présent, l’Etat fait des cadeaux à la Wallonie : une bien curieuse façon de voir les choses. Les autorités wallonnes – lire l’article – révèlent en fait, sans le dire clairement, que la situation financière de notre région ne cesse de se dégrader. Du reste, l’Agence Moody’s qui ne cesse de baisser la notation de la Wallonie, comme par ailleurs de la Communauté française, ne s’y trompe pas en orientant les marchés des capitaux vers des taux plus élevés… qui distancient encore plus la Wallonie de la Flandre.

Comme Wallon, je me sens profondément humilié par la démarche de Di Rupo car, enfin, il faut encore rappeler que ce drôle de pays qui PRÊTE de l’argent à une région se distingue de l’Allemagne, Etat fédéral lui aussi, mais qui DONNE de l’argent aux Länder victimes des inondations… Encore une chose : est-ce cette « solidarité » « belge » dont la presse ne cesse de se faire écho ????

Paul Mélot

6 réflexions sur « Merci Belgique, merci »

  1. Cher Paul, c’est une HONTE , mais les personnes à qui j’en parle ,,ne savent pas !!!vous croyez Madaaaame , à ce train là nous serons vendu ! mais à qui ?je le dit depuis 20 ans au moins, mais chacun ferme les yeux devant les responsables à qui nous devrions demander des comptes !
    J’AI HONTE ! et le roi de demander un supplément pour la rentrée de ses enfants….H.Havelange la paysane du coin

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    1. La Wallonie sur la corde raide
      (Bertrand Henne 08 octobre 2021)
      (…) (…) (…)

      Fragilité

      La Wallonie s’attaque donc à sa dette, mais reste très fragile. La Wallonie est financièrement sur la corde raide. Les prochaines années s’annoncent compliquées. Le prêt du Fédéral, il faudra le rembourser à partir de 2025. En 2024 ce sont les assurances qu’il faudra payer. C’est aussi en 2024 que la solidarité nord sud va un peu diminuer, 60 millions d’euros en moins par an. C’est aussi à ce moment-là qu’il faudra peut-être songer à reprendre les compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles dont les finances sont dans le rouge complet.

      Tout ça donne déjà le tournis. Ajoutez à cela qu’avec l’inflation qu’on connaît aujourd’hui, on risque une remontée des taux d’intérêt et un brusque arrêt de la croissance qui pourrait plonger la Wallonie dans un vrai cauchemar.

      La trajectoire budgétaire décidée par le Gouvernement Di Rupo tient la route si plus aucun événement extérieur ne vient frapper la Wallonie et si les agences de notation ne dégradent pas la note. Bref, la Wallonie peut croiser les doigts et se préparer à serrer les dents.

      NDLR: Merci monsieur Henne de confirmer le futur des Wallons. Il ne faut pas oublier que la mauvaise santé wallonne résulte ausi d’une vision éculée, du socialisme et du syndicalisme, bloqués au littéralisme de Karl Marx. Combien d’initiatives d’entrepreneurs wallons s’effondrent sous les charges fiscales et les contraintes bornées de la FGTB.

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  2. Les Wallons vautrés dans leur belgitude vont payer et très chef
    le plaisir de rester BELGES cette farce qui dure depuis près dese
    deux siècles. Pas une larme pour eux qui ont eu de mutiples
    occasions de faire retour à la France sachant que celle ci
    comme l’a dit le Général a toujours eu le dessein de réunir en
    son sein tous ces enfants

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  3. Encore une fois, il faut déplorer l’abdication des gouvernants de la Wallonie face au mythe belge. En ce sens, Monsieur Di Rupo demeure le porte-drapeau des fossoyeurs de la Wallonie. S’ils espèrent réussir à demeurer « belges » par la politique de la faillite, ils se trompent. Le basculement de la Wallonie dans le gouffre budgétaire,financier, va effrayer la Flandre. Au point où on en arrive, elle ne disposera plus suffisamment de fonds pour acheter de l’institutionnel aux Wallons.
    Monsieur Bart De Wever pinaille, à cause de Bruxelles, sur la proposition d’un Etat belge à quatre Régions quasi autonomes. Il devra bien à terme se rallier au Vlaams Belang pour écarter le désastre wallon de sa frontière, Union européenne menaçante ou non.
    Par contre, la Flandre pourra « acheter » Bruxelles avec l’accord des Bruxellois, eux-mêmes horrifiés à la vue du désastre wallon.
    La Communauté française-Wallonie-Bruxelles mourra grâce à la faillte de son bailleur tradtionnel (OUF !)

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  4. La dette… n’oubliez pas celle des banques.
    Privatiser les gains, socialiser les pertes.
    Alors, comme ça, les agences de notation peuvent coter une région dans un même pays. Imaginez qu’ils fassent pareil partout en Europe. Qui est derrière ces agences de notation ? Que représentent-elles au juste ?
    Tout ça n’est qu’un attrape-couillons : l’Europe de Bruxelles et les banksters veulent ruiner les « PIGS », Portugal Greece Italy Spain et surtout la France, bien sûr. Les pays latins et catholiques et orthodoxes.
    Une guerre ethnique avec des moyens économiques.
    Tout est là.
    Et ce n’est pas l’antienne sur les bons-à- rien-de-chômeurs-gauchistes-wallons qui va nous aider à comprendre ce qui se passe.
    Lisez plutôt Pierre Jovanovic sur la planche à billets.

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  5. ATTENTION MESDAMES ET MESSIEURS TOUT VA COMMENCER ou comment effrayer le public avant 2024

    Egbert Lachaert (Open VLD) : « Il faut renforcer le fédéral, sinon la Belgique ne marche plus » (Une interview sur La Première, le 22-10-2021 Publié à 08h56 )
    (…) (…) (…)
    Selon le président de l’Open VLD, les élections de 2024 seront fondamentales pour la Belgique, surtout en Flandre : « Soit on vote pour des partis séparatistes qui ont un agenda très clair. Il y en a même qui veulent adhérer aux Pays-Bas. Pour nous, les libéraux, l’État est un outil pour vivre mieux. »
    Selon le président de l’Open VLD élu l’année dernière, les élections de 2009 et 2010 ont montré qu’il faut un revirement : « Après les élections 2009 et 2010, le constat est très clair : si les partis du nord et du sud ne se parlent plus avant et n’ont plus de contact, la Belgique ne peut plus marcher. Séparer la Belgique, ça ne marchera pas. « 

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